La modernité de Mozart

Le Symposium "La modernité de Mozart" aura lieu le mercredi 15 juillet de 14h à 17h à l'Institut français de Tel Aviv : 7 Bd Rothschild

Pr. Florence Bandol Bertrand Conservatoire National Supérieur de Musique et de danse de Paris

Pr. Ouri Rom head of dpt of mucic theory tel Aviv University 

Abstract du Pr. Florence Bandol Bertrand : 

Ariana, Peneloppe, Didone, Armida, Medea... depuis ses origines l'opéra met en scène des femmes abandonnées ou trahies générant une des topiques les plus attendues du public : le Lamento - passage convenu de chaque opéra baroque pour ne citer que le Lamento d'Ariana de Monteverdi ou celui de Didone de Purcell. 

Au siècle des Lumières, c'est l'opéra buffa qui héberge cette expression créant une égalité sociale fédératrice entre toutes : femmes du peuple, servantes abusées par leur patron, ou aristocrates, condamnées à se travestir pour survivre. 

Par les livrets qu'il utilise Mozart hérite de la thématique qu'il traite au départ comme ses contemporains : ainsi la Comtesse Violante, battue par le Comte Belfiore qui la laisse pour morte, se déguise-t-elle est jardinière pour mieux le reconquérir et ne peut qu'entonner la plainte de sa gent : "Povere femine" (La finta giardiniera). Mozart a alors 19 ans et il n'est pas encore réellement tombé amoureux lui-même. 

Mais en avançant dans le temps, il campe des femmes de plus en plus volontaires et autonomes, en mesure de d'assumer la rupture, de consommer la liberté et de célébrer l'amour. Et si dans Les Noces de Figaro, Barberine - la plus jeune - exprime encore sa plainte d'avoir été abusée et Marceline - la plus âgée - ne peut que concéder l'omnipotence des hommes sur les femmes comme l'usage, Suzanna et la Comtesse sont en mesure d'organiser la révolution de velours et d'obtenir le respect sans rien retrancher de leur féminité. 

Trahie elle aussi, Donna Elvira, l'épouse officielle de Don Giovanni, accède au renoncement et Dorabella et Fiordiligi, les deux soeurs dupées de Cosi fan tutte accèdent à la possibilité de choisir elles-mêmes leur fiancé. Et dans La Flûte enchantée, c'est Pamina, passée par les épreuves les plus douloureuses qu'elle a surmontées, qui est en mesure de prendre son compagnon par la main pour lui servir de guide. 

L'empathie de Mozart avec les femmes est totale et en dehors des habitudes de son temps. Il est vrai que son métier a pu particulièrement lui montrer que les virtuoses sont tout aussi bien hommes que femmes : chanteuses, pianistes... sont égaux devant la partition à interpréter donc devant le livre blanc de la vie. Ses personnages féminins gagnent donc en force et en caractère au fil de ses opéras et il lègue à Beethoven (Leonore/Fidelio) et à Goethe (Marguerite dans Faust), la figure de l'Eternel féminin : posture féminine romantique qui génère elle-même les femmes actrices de leur destin de #me too. 

Entrée gratuite mais inscription obligatoire

Meet In Galilée 

2bis rue Leroux

75116 Paris

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