Mois Année
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"Découvrons la Galilée
avec Mozart"
Juin 2021

LE « JEUX » DES DEUX FAMILLES

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Dans la famille Mozart, je choisis le père et la mère (Gen. n°1)

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Destiné à une carrière d’homme d’église, (Johann Georges) Léopold Mozart fut inscrit à l’université bénédictine de Salzbourg mais choisit de se consacrer à la musique et entra en 1743 au service de Hieronymus Colloredo, prince-archevêque de Salzbourg. Pour plus amples détails et développements, nous vous renvoyons à notre Newsletter n°7 Léopold Mozart, le père biologique (que vous pouvez retrouver sur notre site https://www.meetingalilee.com/nos-newsletters).
En 1747 Léopold épousa Anna Maria Pertl (1720-1778) fille d’un fonctionnaire de la ville voisine de Sankt Gilgen. Anna Maria reste un personnage obscur. Issue d’une société qui ne se souciait guère de pourvoir à l’éducation des femmes, préférant leur inculquer les vertus de piété et de soumission aux pères, frères et époux, elle savait à peine lire et écrire et ne semble pas avoir exercé de grande influence sur les décisions majeures de la famille. Malgré toute l’affection que Léopold lui témoigna dans ses lettres, son statut au sein de la famille fut manifestement subalterne. Elle accompagna ses enfants en tournée avec son époux ou seule avec Wolfgang notamment lors de son deuxième voyage à Paris. Ils vécurent 8 rue du Gros-Chenet, aujourd’hui rue du Sentier où, malade, (probablement atteinte de typhoïde), refusant de se faire soigner, elle s’éteindra le 3 juillet 1778.
Une plaque commémorative rappelle dans l’église de Saint Eustache qu’elle fut inhumée dans le petit cimetière y attenant.

Dans la famille Mozart, je choisis cousine « Bäsle » (Gen. n°2) !

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Maria Anna Teckla Mozart dite « la Bäsle » est la fille du frère de Leopold Mozart, Franz Aloys. Wolfgang noua avec sa cousine une amitié enjouée et affectueuse lors de son séjour à Augsbourg en 1977 avec sa mère. Wolfgang lui adressa par la suite plusieurs lettres célèbres pour leurs allusions scatologiques. Notons que les allusions et les expressions scatologiques ne sont pas rares aux XVIIème et XVIII èmes siècle. Wolfgang n’est pas le seul à en utiliser dans sa correspondance. Maria Anna Thekla eut une fille illégitime, Josepha avec l’abbé Theodor Franz von Riebeld, chanoine de la cathédrale d’Augsbourg.

Dans la famille Mozart, je choisis « Nannerl » (Gen. n°3) !

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Maria-Anna Mozart surnommée affectueusement « Nannerl » par Wolfgang est sa sœur aînée (Léopold Mozart eut avec Anna-Maria Pertl 7 enfants dont 5 moururent en bas âge). Enfant prodige comme son frère, brillante claveciniste et pianiste de talent, elle accompagna Wolfgang dans les cours et salons d’Europe pour faire admirer ses prouesses artistiques mais n’eut pas l’aura de son frère. On ignore jusqu’où aurait pu aller sa carrière si son père n’avait pas arrêté ses apparitions publiques et sa formation dès qu’elle eut atteint ses 18 ans. On ne saura jamais rien de ses compositions car elles ont toutes été perdues, pourtant on sait de Wolfgang qu’elle composait puisqu’il lui écrit le 7 juillet 1770 de Rome :

« C.S.M. (Carissima Sorella mia.), j’ai été très surpris de ce que tu saches composer si bien. En un mot, ton lied est très beau. Ecris souvent quelque chose. »

En 1784, à l’âge de 32 ans, elle épousa (sur la recommandation de Leopold) Johann Baptist Franz von Berchtold zu Sonnenburg, magistrat deux fois veuf et père de 5 enfants avec lequel elle eut 3 enfants. Après la mort de son mari en 1801 elle gagna sa vie en enseignant le piano à Salzbourg et décéda le 29 octobre 1829 dans le dénuement. Wolfgang au début très proche et complice de sa sœur échangea avec elle d’affectueux courriers jusqu’à ce que leurs relations se distendent progressivement notamment après le mariage de Wolfgang. Enfant prodige sacrifiée, à la carrière contrariée, et contrôlée par son père Leopold, Nannerl a sans doute souffert du succès et de l’indépendance de Wolfgang

Dans la famille Weber, je choisis Josepha (Gen n°4) !

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Famille de musiciens, Franz Fridolin Weber (1733-1779) travailla comme violoniste, chanteur et copiste à la cour de Mannheim. Il épousa Maria Caecilia Stamm en 1756. Ils eurent 7 enfants dont 4 filles (les garçons décédèrent en bas âge). 
L’aînée des filles se prénomme (Maria) Josépha. Elle commença une carrière de Soprano dans les années 1780. A partir de 1790 elle chanta dans la troupe d’Emmanuel Schikaneder à Vienne, où elle créa le rôle de la Reine de la nuit dans Die Zauberflöte. Mozart écrit pour elle l'aria "Schon lacht der holde Frühling" illustré ici par Regula Mühlemann pour Sony Classical. En première noce elle épousa Franz de Paula Hofer (1755-1796), violoniste qui chanta la partie de ténor lors de la lecture du Requiem au chevet de Mozart.

Dans la famille Weber, je choisis ensuite la seconde (Gen n°5) !

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Ah, voici que s’annonce (Maria) Aloysia (Louise Antonia) Weber, cantatrice de talent dont Mozart fit la connaissance lors de son séjour à Mannheim (1777-1778). L’amour qu’il éprouva pour elle ne lui fut pas rendu. En Octobre 1780, elle épousa Joseph Lange (1751-1831) à Vienne. Aloysia et Joseph Lange restèrent proches de Mozart. On doit à Joseph Lange le portrait inachevé de Mozart qui illustre le tableau généalogique. Aloysia chanta le rôle de Donna Anna lors de la première de Don Giovanni à Vienne et des arias que Mozart composa pour elle dont "Vorrei spiegarvi, oh Dio" illustré ici par Sabine Devieilhe.

Dans la famille Mozart, je choisis Constanzia, l’épouse (Gen. n°6) !

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(Maria) Constanzia (Caecilia Josepha Johanna Aloysia) Mozart, née 3ème fille de Franz Fridolin Weber devint l’épouse de Wolfgang le 4 Août 1782 contre l’avis de Léopold qui ne voit en la Famille Weber que des intrigants. Quatre de leurs six enfants sont morts en bas âge. Après le décès de Wolfgang, elle se remaria en 1809 à Georg Nikolaus Nissen (1761-1826) qu'elle aidera dans sa rédaction de la Biographie de Mozart. Constanze était une musicienne de formation. Elle a joué un rôle dans la carrière de son mari. La tradition affirme que dans la Grande messe en Ut mineur, Constanze y tenait la partie du premier soprano notamment dans l’« Et incarnatus est » ici interprétée par Julie Fuchs avec l’Insula Orchestra dirigé par L. Equilbey.

Un grand nombre de biographes ont été assez injustes envers Constanzia et dans la description de l’attachement de « Wolfy » pour sa « Stanzerl » ... Elle a été souvent jugée ou représentée comme une épouse sotte, frivole, dépensière. C’est oublier qu’elle fut incontestablement la femme de sa vie. Il ressort de leur correspondance que la passion charnelle de Wolfgang pour elle ne fait aucun doute. Dans les dernières années de sa vie, alors que souffrante, elle passa plusieurs semaines à Baden, Wolfgang s’inquiète de sa santé, mêlant dans ses lettres de tendres conseils et des admonestations. Comme le soutient H.C. Robbins Landon (cf. Dictionnaire Mozart / JCLattes) « le portrait de Constanze en femme capricieuse et irresponsable est difficile à concilier avec l’énergie qu’elle déploya par la suite dans la gestion des affaires »

Dans la famille Weber, je choisis la benjamine (Gen n°7) !

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(Maria) Sophie est la benjamine des filles Weber. En 1807 elle épousa le compositeur et chanteur Jakob Haibel (1762-1826). Elle fit en 1825 un récit devenu célèbre des derniers instants de la mort de Mozart qui aurait supervisé une lecture de la partition faite à son chevet et aurait donné des indications à son élève Xavier Süssmayer pour l’achèvement du Requiem (contribution controversée). Après la mort de son époux elle alla vivre à Salzbourg avec Constanzia dont le second mari (G.N. Nissen) mourut la même année.

Dans la famille Weber, je choisis le cousin Carl-Maria (Gen n°8) !

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Franz Anton Weber, frère de Fridolin était également musicien à la cour de Mannheim. Ses deux fils d’un premier mariage avec Maria Anna Fumetti (1736- ?1783) étudièrent avec Haydn à Vienne. Après le décès de son épouse, Franz Anton se remaria avec Genoveva Brenner (1764-1798) et donna naissance à Carl Maria von Weber compositeur (notamment d’Oberon et du Freischütz dont un extrait de l’ouverture est illustré ici par le Berliner philarmoniker sous la baguette de Myung-Whun Chung).

Dans la famille Mozart, je choisis les fils (Gen n°9)!

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Karl-Thomas et Franz-Xaver sont les seuls enfants nés de l’union de Wolfgang et Constanzia. Ils moururent sans descendance.

Karl-Thomas était l’aîné des deux. Après des études à Milan auprès du compositeur Bonifacio Asioli, il renonça à la musique pour devenir fonctionnaire auprès du Vice-roi d’Italie Eugène de Beauharnais (beau-fils de Napoléon 1er)

Franz-Xaver est le dernier des 6 enfants des Mozart. Il étudia la musique à Prague et à Vienne auprès de Johann Nepomuk Hummel & Antonio Salieri. Enfant prodige comme son père, il fait ses débuts publics en 1805, il a 13 ans. Sa première œuvre publiée en 1805 est un quatuor à cordes composé en 1803. Ses dernières années sont vécues dans un grand isolement, son état de santé se dégradant. Il laisse notamment deux concertos pour piano, une symphonie, des pièces pour piano seul et plusieurs lieder.

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Cette lettre est réalisée à partir des portraits réalisés pour le Dictionnaire Mozart (Sous la Direction de H.C. Robbins Landon.


Illustrations :

  • Vue d’Augsburg

  • Vue de Salzbourg

  • Extrait de l’attestation de mariage de Wolfgang et Constanze Mozart

  • Vue de Mannheim

Portraits dans l’ordre d’apparition :
Wolfgang portrait inachevé et Constanze gravure par J. Lange
Leopold Mozart portrait par A. Lorenzon et Anna Maria Mozart/Pertl portrait par Rosa Hagenauer-Barducci
Anna Maria Thekla dite ”Bäsle” autoportrait
Maria Anna Mozart dite Nannerl portrait par A. Lorenzoni
Gravure représentant la troupe de Théâtre de Schikaneder avec Josepha Weber et J. Haibel (à l’extrême droite)
Maria Aloysia Weber interprétant Zémire (opéra de Grétry), portrait par J. B. von Lampi the Elder
Maria Constanze Mozart par Hanz Hansen
Maria Sophie Weber portrait anonyme
Carl Maria von Weber portrait par Caroline Bardua
Franz Xaver (à gauche) et Carl Thomas (à droite) double portrait par Hans Hansen